fullbanner ads slot

Sat06242017

Last update05:40:25 PM GMT

Profile

Layout

Direction

Menu Style

Cpanel
Back La Solution pour le Développement Africain La nouvelle vision de Thierry Tan

Interview: La nouvelle Vision de M. Thierry Tan pour l'afrique

  • PDF
image0021

 Thème : Et si l’Afrique acceptait enfin le développement… ou « Dans une Afrique si riche, comment faire pour que les Africains ne soient plus pauvres ? »

Q1- Quand on parle de l’Afrique, on pense à « misère, maladie, guerre… ». Or, l’Afrique et notamment la Côte d’Ivoire, est une « terre bénie de Dieu ». Comment expliquer ce paradoxe ! Alors M. TAN, dans une Afrique si riche, comment faire pour que les Africains ne soient plus pauvres ?

 

Thierry TAN : Il est vrai que l’Afrique possède toutes les richesses agricoles et minières.

Tout pousse en Afrique, et il suffit de creuser pour trouver de l’or, du pétrole, du gaz   etc…

A telle enseigne qu’on les qualifie de « Scandales Géologiques » en raison de l’énormité de leurs ressources :60% des réserves mondiales de cobalt, 90% de platine, 50% de diamant…etc..

L’Afrique, et notamment la Côte d’Ivoire, est vraiment une « terre bénie de Dieu »…

Alors, comment comprendre que l’Afrique soit si riche, alors que les africains sont si pauvres. Mais avant d’expliquer cette contradiction, il serait bon que nous donnions un tableau synoptique de la situation actuelle en Afrique.

1- Analyse-Diagnostic de la situation actuelle

Si on se réfère aux rapports de la Banque Mondiale et autres Institutions internationales, on a les chiffres suivants concernant l’Afrique :

  • Population africaine : c’est 880 Millions d’habitants (soit 15% Population mondiale) : c’est peu par rapport à la Chine avec ses 1,3 Milliards d’habitants ou l’Inde (1,1 Milliards)
  • La part de l’Afrique dans le Commerce Mondial : c’est 1% seulement contre 6% en 1970. Soit une baisse en valeur actuelle de 600% en 30 ans!
  • La Dette Extérieure de l’Afrique passe de 11 Milliards $ en 1970 à 540 Milliards $ en 2002, soit 50 fois plus de dette extérieure en 32 ans !

Ainsi l’Afrique est non seulement pauvre, mais très endettée. D’ailleurs, la moitié des pays africains sont des PPTE (Pays Pauvres Très Endettés).

Sur les 27 PPTE dans le monde, 25 sont des pays africains. Malheureusement la Côte d’Ivoire en fait partie.

  • Concernant le Chômage, selon le BIT (Bureau International du Travail) : 75 à 94% de la population active africaine sont au chômage. Même les diplômés, y compris les médecins, ne trouvent pas d’emplois !
  • Le Seuil de Pauvreté : Plus de la moitié de la population vit avec moins de 1$ par jour (soit moins de 500F pour se loger, se nourrir, se soigner, et s’éduquer…).

C’est totalement insuffisant, c’est pourquoi…

  • L’Espérance de vie n’est que de 40 années en Afrique contre 80 à 83 années en Europe ou même en Asie.
  • Ainsi, en Afrique  « non seulement on vit mal, mais on vit peu ».

En effet, on vit 2 fois moins longtemps en Afrique qu’ailleurs !

Tous ces chiffres nous donnent une idée de nos problèmes actuels.

Mais, dans l’avenir, beaucoup d’autres problèmes vont surgir, notamment au niveau de la « Mondialisation ».

L'Afrique face à la Mondialisation

La situation actuelle est déjà sombre, mais l’avenir sera encore plus difficile.

Et ces difficultés proviennent de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), plus connue sous le nom de Mondialisation ou Globalisation pour les anglophones.

C’est quoi la Mondialisation ? Me direz-vous ? La mondialisation, c’est, en pratique, le droit donné aux Puissants d’exploiter ou d’avaler légalement les Petits.

C’est la « Loi de la Jungle mondialisée ». 

Qu’est-ce qui va se passer ?

Prenons l’exemple des « Accords de Partenariat Economique » ou (APE). Ces APE vont entrer en vigueur le 1er janvier 2008. Ces APE remplaceront les Accords de Lomé /Cotonou, par lesquels l’Union Européenne accorde des préférences commerciales et financières aux pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique).

Mais, dès le 1er janvier 2008, le dernier accord, l’Accord de Cotonou, sera supprimé et remplacé par les Accords de Partenariat Economique (APE).

Pour être en conformité avec les directives de l’OMC, les APE vont :

  1. Supprimer les préférences commerciales accordées aux produits africains,
  2. Obliger les pays africains à ouvrir leurs marchés, donc à supprimer les barrières et quotas protectionnistes,
  3. Diminuer les droits et taxes douanières

Les conséquences seront très graves pour notre économie et notamment pour les quelques entreprises africaines qui subsisteront encore à cette date.

En effet, n’étant plus protégées, nos entreprises d’import-substitution qui ne sont pas compétitives, vont disparaître. Le Chômage va donc encore augmenter.

C’est dire que si nous maintenons le même cap, notre économie va s’écraser.

Q-Dans ce cas, M.TAN, quelle doit être la position actuelle et à venir de l’Afrique face à la Mondialisation ?  Est-ce qu’on peut la rejeter ?

 Thierry TAN : Face à ces problèmes, est-ce qu’on peut rejeter la mondialisation, comme l’ont proposé José BOVE et les Alter-Mondialistes?

La réponse est claire, c’est Non, nous ne pouvons pas la rejeter, car notre pays, la Côte d’Ivoire, a déjà signé et ratifié les accords de l’OMC, tout comme les 150 autres Etats.

Alors que faire ? Eh bien, C’est le moment d’adopter une «Positive Attitude »

Pour cela, il faut considérer la mondialisation comme la langue d’Esope, elle peut être la meilleure ou la pire des choses. En effet, la Mondialisation peut signifier :

  • la pire des choses : c’est l’ouverture de notre marché … mais également
  • la meilleure des choses : c’est l’ouverture de tous les marchés mondiaux à nos produits.

Alors, profitons-en pour conquérir tous ces marchés, avec de nouveaux produits transformés par la Côte d’Ivoire. C’est cela « l’Attitude Positive et Conquérante» à l’instar des pays émergents asiatiques…

Q-Justement, M.TAN, tout le monde parle de l’Asie et de ses performances. Pourriez-vous nous donner quelques exemples qui pourraient nous servir de comparaison ou de modèles ?

Thierry TAN : En mettant de côté l’exemple du Japon que tout le monde connaît, nous allons plutôt examiner ces « nouveaux pays émergents asiatiques», tels que les 4 petits « Dragons » que sont la Corée du Sud, Taiwan, HK et Singapour et puis les nouveaux « tigres » comme la Chine et la Malaisie. Mais, me direz-vous, comment comparer un pays comme la Côte d’Ivoire avec ces grands pays ? Détrompez-vous, car la Côte d’Ivoire est énorme par rapport aux 4 dragons ( Hong-Kong, Singapour, Taiwan et Corée du Sud).

En effet, l’ensemble des territoires de ces 4 dragons est plus petit que le sud de la Côte d’Ivoire ! (Photo) ; C’est tout petit…

En effet, Hong-Kong n’a que 1000 Km2 et 7 millions d’habitants. Et concernant Singapour, c’est 650 Km2 et 4 Millions d’habitants.

Pour vous donner un ordre de grandeur : la petite bande qui séparait le Nord du Sud de la Côte d’Ivoire, appelée « Zone de Confiance », fait 12.000 Km2, soit l’équivalent de 12 fois Hong-Kong et 20 fois Singapour. (image)

Comme Hong-Kong, Singapour n’a aucune ressource naturelle, elle est même obligée d’importer de l’eau. Et pourtant, Singapour pèse 2 fois le Nigéria, le Géant de l’Afrique.

Hong-Kong et Singapour ont un revenu par tête d’habitant - en ppa (parité de pouvoir d’achat) - qui s’élève à 28.000 $, soit plus que la France ou même la Grande-Bretagne, leur ancien colonisateur.

Hong-Kong et Singapour sont les 2 plus grands ports du monde, rejoint par Shanghai. Ce sont également les plus grands centres financiers du monde, avec Londres et New-York.

Le Taux de Chômage est de 1% pour Singapour ou Hong-Kong, 1,5% pour la Thaïlande, 3% pour la Malaisie et 4% pour la Chine. Très peu de chômeurs. Et pourtant, ils sont surpeuplés. Comme ces pays exportent beaucoup plus qu’ils n’en importent, ils gagnent donc beaucoup de devises c’est-à-dire des monnaies fortes (USD, Yens, Euros) qui rentrent dans les caisses du pays.

Ainsi, leurs Réserves en Devises s’élèvent à:

  • Chine             : 2.000 Milliards $    soit 1.050.000 Milliards F
  • Singapour     :  130 Mds $              soit   65.000 Mds F             
  • Hong-Kong    :   130 Mds $             soit  65.000 Mds F             
  • Taiwan           : plus de 300 Milliards $   soit 150.000 Milliards F       

A titre de comparaison, les  USA n’ont que 100 Milliards $ de réserves en devises, soit 5% des réserves de la Chine, pays considéré comme pauvre il y a 20 ans !.

A titre de comparaison également, le Budget de la Côte d’Ivoire, c’est 2.400 Milliards F. (Soit 500 fois moins que les réserves en devises de la seule Chine.)

 Concernant justement la CHINE :

Selon la Banque Mondiale : Plus de 400 Millions de chinois sont sortis de la Pauvreté en 20 ans. Cette réussite s’explique par son industrialisation à outrance.

En effet, alors qu’elle ne produisait que des bicyclettes il y a 20 ans, La Chine fabrique et Exporte maintenant :

  • 8 millions de voitures et 10 millions dans 2 années.
  • 85% des tracteurs vendus dans le monde ;
  • Plus de 50% des ordinateurs, vêtements, montres, appareils photo numérique

Si la Chine est ainsi devenue « l’Usine du Monde », c’est qu’en Chine, « on ne met que 5 mois pour monter et faire tourner une usine », selon un rapport américain.

Par ailleurs, la Chine, c’est aussi :

  • 900 Millions M2 de logements qui sont construits chaque année, et cela, jusqu’en 2020.
  • Pour la seule ville Pékin, un nouveau gratte-ciel tous les 3 jours !
  •  70.000 Km d’autoroutes sont prévus pour 2010, (Par comparaison, l’excellent Réseau autoroutier en France n’est que de 8.000 Km) 
  • Les 3 plus grands ports mondiaux sont en Asie (Singapour, HongKong et Shanghai ), et non plus New-York, Londres ou Rotterdam !
  • SHENZHEN, une ville qui n’existait pas il y a 25 ans, est devenue aussi importante que HongKong. Et elle augmente ses échanges de 40% par an !

Comme ces pays gagnent beaucoup d’argent grâce à l’exportation de leurs produits transformés,  la Chine et les 4 Dragons asiatiques prêtent aux USA plus de 700 Milliards $ en 18 mois, soit près de 1,5 Milliards $ par jour, soit presque 1.000 Milliards CFA  que ces dragons prêtent chaque jour à l’Amérique !  

J’ajoute que Singapour, qui a la taille d’Abidjan-Yopougon, possède un « Fonds d’Etat » ou « Fonds Souverains » qui s’élève à 438 Mds $, soit 200 fois notre budget national.

Avec ses « Fonds d’Etat », Singapour peut ainsi financer tous ses projets nationaux, sans avoir besoin de bailleurs de fonds. C’est même Singapour qui prête aux bailleurs.

Mieux, Singapour peut financer ou même acheter n’importe quelle « Multinationale »  américaine ou Européenne.

En effet, avec 20 à 30 Mds $, on peut contrôler n’importe quelle entreprise dans le monde.

Q –M.TAN, vous venez de nous décrire la Malaisie, la Chine et surtout Singapour qui a la taille d’une commune de CI et qui possède un « Fonds d’Etat » de 438 Mds $ ; Tout cela nous laisse rêveurs. Et on aimerait en savoir un peu plus. Quelles sont leurs recettes ?

Thierry TAN : En 1992, dans  une émission économique de la télévision ivoirienne intitulée « les défis de l’entreprise, j’avais dit que la différence de développement entre l’Afrique et l’Asie, c’est que : « l’Asie n’a rien, mais elle transforme tout, alors que l’Afrique a tout, mais elle ne transforme rien ! »

Ce constat reste toujours d’actualité en 2007, malheureusement !

Pour la démonstration, nos allons examiner 2 pays semblables, la Côte d’Ivoire et la Malaisie qui était plus pauvre que la Côte d’Ivoire il y a 20 ans.

La Malaisie a la même superficie, la même population, le même climat et les mêmes ressources que la Côte d’Ivoire, çàd le cacao, l’hévéa, le pétrole…

Son 1er Ministre, Dr. MAHATHIR, surnommé le Dr Miracle, a fait de la transformation son credo, sa priorité. Ainsi, la Malaisie transforme automatiquement toutes ses matières premières. Par exemple, elle transforme son hévéa en pneus de voitures, en préservatifs, en gants en caoutchouc.

Comme la transformation est faite sur place, le cours de l’hévéa est fixé, non pas à Londres, mais à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie.

  • La démonstration est ainsi faite : Quand vous avez des usines de transformation sur place, c’est vous qui fixez les cours de vos produits. C’est clair !

Sur cette lancée, la Malaisie a bâti, avec son pétrole, une société pétrolière dénommée « Petronas » qui est considérée comme l’un des géants de l’or noir.

Petronas explore le pétrole dans 17 pays dont plusieurs en Afrique même : Algérie, Angola, Tchad, Gabon, Soudan …

Petronas possède à Kuala Lumpur les Tours jumelles  les plus hautes au monde (452 M de haut), elles viennent d’être dépassées par la Tour « Taipei 101 » à TAIWAN qui fait 509 M. de haut. Ces Tours possèdent des ascenseurs qui ne mettent que 39’’ pour monter 500m. Vous voyez par vous-même les images de la Malaisie. C’est un paradis.

Un paradis qui a permis à la Malaisie d’attirer 12 Millions de Touristes en 2004 qui lui apportaient 6.000 Milliards F en devises, soit 4 fois le budget de la Côte d’Ivoire.

J’ajoute que la Malaisie a intégré la mondialisation dans sa « Vision économique », en donnant la priorité  à la Création de grandes structures, sur lesquelles se greffent leurs PME, pour leur permettre ensemble de conquérir les marchés mondiaux.

Comme les autres dragons, la Malaisie sait que, sans les grandes structures, aucune PME ne peut  conquérir à elle-seule les marchés mondiaux !

Cette politique économique est un tel succès, que les Malaisiens ont pleuré lorsque Dr Mahathir a décidé de lui-même de démissionner en 2004 !

Voilà l’exemple d’un pays semblable à la Côte d’Ivoire - la Malaisie - qui a réussi à gagner sa bataille contre le sous-développement et contre la misère.

Et même à utiliser la Mondialisation à son profit !

Et tout cela, grâce à sa politique de la transformation sur place de ses produits.

Q -Certes, la transformation permet le développement, mais qui dit développement dit financement. Pourriez-vous nous dire par quels moyens, l’Afrique peut financer son développement ?

Thierry TAN : Vous avez raison de mettre l’accent  sur le financement ;

Car sans financement, il n’y a pas de développement.

Et pour financer le développement, vous avez 4 moyens classiques : L’Epargne Nationale, les Investissements Directs Etrangers, les Crédits et les Dons.

1- L’Epargne Nationale :

D’abord, c’est quoi l’épargne ?

L’épargne, c’est la différence entre ce que vous gagnez moins ce que vous dépensez. Ce qui reste constitue votre épargne. Si vous gagnez 1 Million et que vous dépensez 600.000, votre épargne est donc de 400.000. Et l’épargne nationale, c’est l’Agrégat, çàd la somme, des épargnes de chacun de nous dans le pays. La question qui se pose maintenant est de savoir si l’épargne en Afrique permet de financer son développement ?

Voyons le cas africain : l’Afrique a 2 grandes classes sociales : celle des très pauvres et celle des très riches. Il y a très peu de classes moyennes.

Les très riches ont l’habitude de placer leur argent à l’étranger, donc leur épargne ne reste pas en Afrique. Et les très pauvres - ceux qui gagnent moins de 500F/jour - ils ne peuvent absolument pas épargner, car Ils peuvent à peine survivre !

Conclusion : l’Afrique ne peut pas actuellement compter sur son épargne pour financer son développement !

 2 - Investissements Directs Etrangers (IDE) :

C’est quoi IDE ? C’est l’épargne étrangère qui vient investir directement en Afrique.

L’année dernière, l’Afrique a reçu 14 Milliards $ d’IDE, soit le même montant reçu par la seule ville de Hong-Kong. Cela représente environ 1% du montant global des IDE. C’est très faible. Pis, ces 14 Mds $ d’IDE en Afrique sont surtout destinés à l’exploitation de nos ressources minières et pétrolières.

Donc, très peu de retombées sur le plan « Emplois et Développement » pour les Africains.

Alors qu’est-ce qui reste ? Les Crédits, avec les bailleurs de fonds…

3- Les Bailleurs de fonds (3ème moyen de Financement)

Concernant les bailleurs, nous avons vu que la Dette Extérieure de l’Afrique est passée de 11 Milliards $ en 1970 à 540 Milliards $ en 2002, soit 50 fois plus en 32 ans.

Et durant cette période, l’Afrique a déjà remboursé 10 fois ce qu’elle devait en 1980, mais sa dette n’arrête pas pour autant d’augmenter.

En retour, est-ce que le développement de l’Afrique a été multiplié par 50 ?

Loin de là ! Bien au contraire, l’Afrique reste sous-développée, car nous remboursons plus que ce que nous empruntons.

Il reste le 4ème moyen de financement, c’est le don, c’est…

4- L’Aide Publique au Développement (APD):

Certes, l’Europe n’a cessé d’apporter des aides de coopération depuis 40 ans. Mais les résultats obtenus sont bien maigres, puisque l’Afrique n’arrive toujours pas à s’en sortir et que les africains sont obligés d’émigrer pour survivre.

On en conclut donc que l’Aide au Développement a été mal faite...ou qu’elle a été faite dans le but de maintenir l’Afrique dans son seul rôle de pourvoyeur de matières premières.

Pour preuve, en 2004, l’Aide Publique au Développement (APD) s’élevait à 78 Mds $.

Mais, dans la même année, l’Afrique a dû décaisser 374 Mds $, au titre du service de sa dette. Ce qui signifie que, pour chaque $ reçu sous forme d’aide au développement, l’Afrique doit décaisser 5 fois plus, pour rembourser sa dette. C’est une voie sans issu.

En effet, même si on doublait cette aide, le solde resterait négatif (- 218 Mds $).

Et l’Afrique continuerait à décaisser 3 fois plus que cette aide pourtant doublée.

Au demeurant, ce doublement de l’aide à l’Afrique est irréaliste, car les pays développés ont plutôt tendance, non pas à augmenter leurs aides, mais à les diminuer progressivement.

Q : Que dire alors de « l’effacement de la dette » ?

Thierry TAN : Certes, c’est un soulagement, mais jusqu’à présent, on n’a effacé que quelques petites dettes jugées irrécouvrables.

On se retrouve dès lors dans le cas précédent où l’Afrique continue à décaisser plus qu’elle n’en reçoit.

Q : Et si on effaçait entièrement toutes les dettes africaines : Est-ce que cela permet de  résoudre les problèmes de l’Afrique ?

Thierry TAN : Cette mesure est  généreuse, mais totalement irréaliste, car les créanciers publics, et surtout privés, n’accepteront jamais de le faire sans être dédommagés.

Or, Qui va les dédommager ? Les contribuables ? De quel pays ? 

Et même si on arrivait à effacer toutes les dettes africaines, que se passerait-il ? Certes, l’Afrique ne serait plus endettée, mais elle resterait toujours pauvre.

L’Afrique ressemble à ce SDF (sans domicile fixe = clochard) à qui sa banque a effacé les dettes. Son sort ne s’améliore pas pour autant. Car il reste toujours un SDF qui sera mis sur la liste rouge des banques, ce qui signifie qu’il n’aura plus accès aux crédits bancaires.

Comme notre SDF, l’Afrique aurait préféré qu’on lui donne un emploi pour qu’elle puisse rembourser sa dette, plutôt que d’effacer sa dette, mais sans lui donner d’emploi.

Conclusion : les 4 moyens classiques de financement ne permettent pas actuellement de financer le développement durable en Afrique, çàd une croissance qui n’est pas due à une hausse épisodique des cours de certaines matières premières telles que le pétrole ou le cuivre.

Q : -Vous venez de nous démontrer que les 4 moyens classiques de financement ne marchent pas en Afrique. Alors, M.TAN, comment l’Afrique pourrait-elle faire pour financer son développement ?

Thierry TAN : Comme ces moyens de financement font souvent défaut à l’Afrique, elle doit donc  « compter sur ses propres forces ». Pour cela, une nouvelle vision est nécessaire. Elle consiste à analyser la vraie cause de sa misère pour y apporter la vraie solution.

La formule : « L’Afrique doit compter sur ses propres forces » ne doit pas être un simple slogan vide de sens. Il ne s’agit pas de le dire, il s’agit de le faire ! Pour cela, l’Afrique doit faire travailler sa matière grise pour transformer ses matières premières.

Permettez-moi de vous expliquer, à l’aide de quelques exemples précis :

Prenons l’exemple du café ivoirien :

Voici une bouteille d’eau qui coûte 400 F, remplissons cette bouteille de Café vert.

Ce café est payé aux planteurs 200 F/Kg.

Ce qui signifie que le café est payé 2 fois moins cher que l’eau !

Comment peut-on survivre avec cela ? C’est d’autant plus choquant que ce même café, une fois transformé en café soluble, vaut plus de 20.000 F/Kg, soit 100 Fois plus ! (image)

Maintenant, laissons de côté le binôme café-cacao et même le binôme Pétrole-gaz.

Et, voyons ce qu’un pays comme la Côte d’Ivoire dispose comme autres ressources agricoles.

Prenons l’exemple du MANIOC que tout le monde connaît. Le Manioc peut être transformé en ATTIEKE et ses résidus transformés en bio-carburant, puis en amidon pour la pharmacie, et enfin en engrais naturel.

Considérons maintenant le seul attiéké qui est un produit purement ivoirien, mais apprécié par le monde entier. Pour preuve, j’en ai fait goûter à mes amis chinois qui m’ont dit « quand est-ce que tu peux nous exporter cet attiéké » ?.

Et bien sûr, pour l’exportation, notre attiéké doit être sous-vide et présenté correctement selon les standards internationaux. 

Notre attiéké peut dès lors être vendu à 300 cfa l’unité, soit le prix de la moitié d’une baguette en France. Son prix international est donc très raisonnable.

J’en ai fait le calcul : si chaque chinois consommait un seul attiéké par an, cela nous ferait 1,3 Mds de personnes X 300 CFA, soit 390 Mds CFA.

Si la consommation chinoise passait maintenant à une fois par mois,  cela ferait 390 Mds X 12 mois, soit 4.680 Mds CFA, çàd 10 fois le budget alloué aux paiements des salaires des fonctionnaires ivoiriens, y compris les corps habillés.

Et si maintenant, la consommation passait à une fois par semaine, alors cela ferait 390 Mds X 52 semaines, soit 20.280 Mds CFA, soit 11 fois le budget national de la Côte d’Ivoire !!!

Le même calcul peut s’effectuer pour la mangue, l’ananas, la banane, la noix de coco, le soja etc…  Voyez vous-même le tableau:

 

TABLEAU RECAPITULATIF
Pour le Seul Marché Chinois = 1, 3 Mds personnes
PRODUITS PRIX/unité 1 FOIS PAR AN 1 FOIS/MOIS 1 FOIS/SEMAINE
MANIOC/ATTIEKE 300 Fcfa 390 Mds Fcfa 4,680 MDS Fcfa 20,280 MDS Fcfa
NOIX DE COCO 600 F 780 Mds F 9,360 MDS F 40,560 MDS F
SOJA 300 F 390 Mds F 4,680 MDS F 20,280 MDS F
ANANAS 300 F 390 Mds F 4,680 MDS F 20,280 MDS F
MANGUE 300 F 390 Mds F 4,680 MDS F 20,280 MDS F
BANANE 300 F 390 Mds F 4,680 MDS F 20,280 MDS F
FRUITS PASSION 300 F 390 Mds F 4,680 MDS F 20,280 MDS F
TOTAL 3,120 milliards f 37,440 milliards f 162,240 mds f

 

 

Ainsi, avec seulement 7 produits considérés comme secondaires, la transformation rapporte à la RCI plus de 162.000 Mds, soit 100 fois notre budget national, soit également 20 fois notre Produit Intérieur Brut, ou PIB, çàd l’ensemble des biens et services produits pendant une année par la RCI. 

Je sais que les afro-pessimistes, qui pensent que la misère est une fatalité en Afrique, me diront qu’on ne pourra jamais produire autant de quantités de manioc, de coco, de mangues ou d’ananas.

Je leur répondrai simplement que 25.000 fermiers US produisent 4 Millions de Tonnes de coton, soit 2 fois plus que les 16 millions de planteurs de coton africains !

Ce qui signifie que si nos planteurs sont bien payés, ils auront les moyens pour se moderniser : ils remplaceront leurs machettes et dabas par des motoculteurs.

De cette manière, leur travail sera non seulement moins pénible, mais leur rendement sera multiplié par 50 !

Notre agriculture passera ainsi du 18ème siècle au 21ème siècle, çàd une agriculture moderne avec comme corollaire : une industrie agro-alimentaire performante et puissante !

Et la mondialisation, au lieu d’être notre ennemie, sera notre alliée, car nous pourrons ainsi vendre nos produits transformés sur tous les marchés mondiaux.  Et cela, grâce à l’ouverture faite par la Mondialisation .

Il en sera de même avec les APE (Accords de Partenariat Economique).

En effet, les APE nous donnent, par rapport aux produits asiatiques ou américains, des accès privilégiés aux marchés européens.

Mieux, nous pourrons bénéficier également du 10è FED (Fonds Européen de Développement). Et pour la période allant de 2008 à 2013, le 10è FED a prévu 24,7 Mds € pour ses aides financières aux pays ACP dont nous faisons partie.

Il est important de préciser tout cela, car aucun point d’interrogation ne doit rester dans l’ombre. Et maintenant, si on y ajoute les autres produits (beurre de karité, huile de Jojoba, huile de palme, coton transformé en vêtement, hévéa transformé en pneus de voitures ou en préservatifs ou bois transformé en meubles) les chiffres d’affaires de tous ces produits transformés vont dépasser tout ce que vous pouvez imaginer.

C’est vous dire combien la CI peut être Riche, même sans tenir compte du binôme Café-cacao, ni du binôme Pétrole-gaz ni même du binôme Or-Diamant.

Dans ma vision, la CI sera immensément riche et mondialement respectée.

Et on parlera de la CI comme on parle actuellement de Singapour, de HK ou de Dubai.

Parlant justement de Dubaï, savez-vous que Dubaï était plus pauvre que le Gabon, il y a 25 ans ! Vous allez me dire que Dubaï, c’est le pétrole. Détrompez-vous, car le pétrole ne constitue que 5% des richesses de Dubaï ; les 95% restants proviennent de ce que j’appelle la « Nouvelle Vision » que Dubaï a adoptée.

Comme je vous le dis, c’est une vision, ce n’est pas un rêve, à moins que cela ne soit un rêve qui va se réaliser. J’y crois !

Q : Dans votre vision, M.TAN, la CI sera immensément riche, mais en quoi ces richesses vont-elles profiter aux ivoiriens ?

Thierry TAN : Comme ces richesses seront générées par des usines de transformation ayant leurs sièges sociaux en Côte d’Ivoire, et non en Europe, ces richesses seront donc redistribuées en Côte d’Ivoire et tous les ivoiriens pourront en bénéficier.

Ainsi si quelqu’un gagnait 50.000 F, il peut espérer gagner jusqu’à 50 fois plus, çàd 2,5 Millions F par mois. Vous savez, ces revenus sont fréquents dans les pays développés.

Même leurs femmes de ménage gagnent 10 € par heure, soit plus de 6.000 cfa à l’heure !

Si elle travaille 10 H/jour, cela lui fera plus de 60.000 cfa par jour !

J’ai regardé, il y a quelques jours, l’émission « Thalassa » consacrée à la Corée du Sud et particulièrement aux chantiers de la construction navale coréenne qui monopolisent, avec le Japon et bientôt la Chine, la construction de tous les grands navires (pétroliers et porte-conteneurs).  Sur ce chantier, un simple soudeur gagne 6.000 € par mois, soit 4 millions cfa par mois. En plus, il est nourri et logé dans un bel appartement fourni par l’entreprise.

Si la Corée du Sud peut ainsi payer de tels salaires, c’est qu’elle est riche.

Et cela, grâce à la transformation.

Et cette transformation permet à la Corée du Sud - qui n’a aucune ressource naturelle- de peser 4 fois plus que l’Afrique du Sud, le super géant de l’Afrique.

C’est vous dire que « tout devient possible ». Il suffit de le vouloir et d’avoir cette vision.

En créant ainsi ces richesses, la Côte d’Ivoire créé en même temps des millions d’emplois, tout comme les Dragons asiatiques… qui n’ont que 1 à 2% de chômeurs contre 90% chez nous !  Je dirais même que chaque ivoirien devrait avoir le choix entre plusieurs emplois.

C’est possible, parce qu’il y en aura beaucoup !

Même l’Europe devrait nous applaudir, car les Africains et notamment les Ivoiriens, n’auront plus besoin d’émigrer vers l’Europe pour trouver du travail.

Le problème de l’immigration clandestine sera ainsi résolu à la source.

Q : C’est une nouvelle Côte d’Ivoire riche et respectée que vous venez de nous décrire. Dans ce cas, M.TAN, quel sera l’impact de ces nouvelles richesses sur les moyens de financement qui nous font actuellement défaut, à savoir :

  • L’Epargne nationale ?
  • Les Investissements directs étrangers (IDE) ?
  • Les Bailleurs de fonds ?

Thierry TAN : Ces nouvelles richesses vont avoir beaucoup d’impact sur les moyens de financement de notre développement.

Elles permettent d’abord aux ivoiriens de multiplier leurs revenus par 50, voire plus.

Comme leurs revenus augmentent beaucoup, les ivoiriens peuvent donc épargner.

Et cette nouvelle et importante épargne nationale va pouvoir financer notre développement, tout comme dans les autres pays industrialisés, à l’instar de la Chine qui a une épargne nationale de 40%.

Voilà l’impact des richesses de la transformation sur l’Epargne Nationale !

Voyons maintenant quel est son impact sur les Investissements Directs Etrangers (IDE) ? :

Si la Côte d’Ivoire sait valoriser ses produits, elle va attirer les investisseurs étrangers qui se disent que la Côte d’Ivoire devient un pays rentable, donc il faut y aller vite, avant qu’il ne soit trop tard. Les Investisseurs vont là où c’est profitable pour eux. C’est logique.

Or, vous savez qu’il y a plus de 58.000 Mds $ de fonds qui peuvent investir dans le monde.

Ils sont répartis comme suit :

Fonds d’Etat                         =            3.390 Milliards USD

Fonds d’Investissement      =          21.000 Mds USD

Fonds de Pension               =          17.900 Mds USD

Avoirs Cies Assurance       =          16.000 Mds USD

-----------------------------------------------------------

Total……………………       =          58.290 Milliards USD                                

Si la Côte d’Ivoire, grâce à sa nouvelle vision économique, pouvait attirer une petite partie de cette somme colossale, elle financerait largement son développement.

En effet, si elle ne recevait que 1 pour mille (çàd 0,1%) de cette somme, cela lui donnerait 58 Mds $, soit 20 fois son budget national !

Bien sûr, je sais que les afro-pessimistes diront encore que ce n’est pas possible. Alors, je leur donnerai un exemple pour leur montrer que « Tout est possible » !

Comme exemple, je leur citerai la banque ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) - une banque qui a été créée en 1984, il y a 25 ans. Cette banque ICBC a levé le 27 octobre 2006, 22 Mds $ sur les seules bourses de HongKong et de Shanghaï. Et ces 22 Mds $ ont été levés en 3 H. seulement ! Et, 22 Mds $, c’est 10 fois notre Budget national !

C’est dire que si vous avez une vision claire, les gens vont croire en vous. Et dans ce cas, l’argent ne manque pas. Et ce qui est valable pour une banque, l’est également pour un pays. D’autant plus qu’une banque peut être mise en faillite, alors qu’un Etat ne peut jamais être mis en faillite. L’Etat présente donc plus de garantie !

Concernant l’impact sur les Bailleurs de Fonds,il est facile à démontrer.

Vous connaissez tous l’adage « On ne prête qu’aux riches ». En effet, quand vous êtes riches, ce sont les Bailleurs de fonds qui viennent vous faire la cour. Dans ce cas, c’est vous qui leur imposez vos conditions, çàd c’est vous qui leur fixez les projets à financer !

Et, ils vont accepter, car ils savent que vous êtes devenus forts, riches et donc crédibles !.

Comme vous voyez, les nouvelles richesses générées par la transformation ont un impact très important sur tous les moyens de financement de notre développement, à savoir l’Epargne, les crédits bancaires et les investisseurs…

Et je ne parle même pas de DONS, car les Ivoiriens n’auront plus besoin de dons. C’est même eux qui vont donner…Comme disent les économistes, il y a un effet multiplicateur et un effet accélérateur sur notre économie. Je dirais même qu’il y a un effet d’entraînement et d’incitation au développement d’autres secteurs économiques, tels que la médecine douce à base de plantes, les transports aériens ou le tourisme.

Concernant le tourisme, si nous ne faisions que 25% des recettes touristiques de la seule Malaisie, cela nous rapporterait l’équivalent de notre budget national, çàd l’ensemble de nos impôts et taxes !

Ainsi, la nouvelle Côte d’Ivoire industrialisée, développée et prospère nous permettra de donner des Emplois à tous les ivoiriens, de payer beaucoup mieux les planteurs car les prix seront fixés par nous et non par l’Europe, de réhabiliter nos villes et villages, de refaire nos routes et même de construire des ponts et surtout des autoroutes partout en Côte d’Ivoire afin que nous puissions atteindre n’importe quelle ville de Côte d’Ivoire en moins de 5 H.  Et dans ce cas, les usines pourront s’implanter partout dans le pays, afin de transformer sur place les produits de chaque région.

Ainsi, grâce à ces autoroutes, aucune région de la RCI ne sera délaissée.

Chaque région aura ainsi ses usines, ses emplois et ses richesses.

Ce n’est pas un rêve, car nous aurons les moyens de financer tout cela.

Et c’est cela qui va nous apporter la Paix, la vraie Paix qui doit être un « comportement et non un vain mot » comme disait le Président Houphouet. 

Prospérité pour les Ivoiriens et Paix pour notre pays.           

Ces 2 concepts « Paix et prospérité » ne peuvent pas exister l’un sans l’autre.

En effet, « Il n’y a pas de Paix, là où il y a la Misère. Comme il n’y a pas de Guerre, là où il y a la Prospérité ». Comme Dieu l’a dit dans Jérémie 29 verset 11 : « Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Eternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance »

Q : Avant de clore cet entretien, je voudrais vous poser une question assez personnelle. Nous savons que vous n’avez pas d’enfants. Nous savons également que vos camarades de promotion HEC/Paris occupent des hautes fonctions, tels que M. Dominique Strauss-Kahn, le nouveau patron du FMI ou M. Henri PROGLIO, le PDG de VEOLIA, une société qui emploie plus de 300.000 personnes.Mais, vous, vous préférez rester en RCI, et cela, malgré tout ce que vous avez subi ! Alors pourquoi ?

Thierry TAN : Il est vrai que tout le monde, y compris mes camarades HEC, se demande pourquoi je m’entête à rester en Afrique, alors que j’aurais pu opter pour une brillante carrière internationale, d’autant plus que je suis à la croisée de 3 continents (Europe, Afrique et Asie). C’est difficile à comprendre, surtout que je n’ai même pas d’enfants pour léguer quoique ce soit !

Ceci étant, seuls ceux qui ont la Foi peuvent comprendre pourquoi je l’ai fait.

Néanmoins, je voudrais vous donner quelques petites explications.

Tout d’abord, notre vie sur cette terre est très courte. Personne n’est éternel.

Ce qui signifie que les biens terrestres ne nous servent à rien à notre mort.

Alors, cela ne sert à rien de vouloir les accumuler au-delà de nos besoins.

C’est pourquoi, chacun de nous doit tout faire pour soulager les souffrances des autres, car si nous aimons Dieu – que nous ne voyons pas – nous devons également aimer notre prochain que nous voyons tous les jours. Et dans ce cas, « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de sacrifier sa vie pour ses amis » JEAN 15, verset 13

Or, vous êtes plus que des amis, vous êtes mes frères. C’est pourquoi j’ai accepté de supporter, durant mes 20 années de combat, tous les sacrifices qui sont parfois très lourds, mais qui sont nécessaires pour que mes frères africains puissent bénéficier des richesses que Dieu a mises à leur disposition. C’est cela le sens de ma Vie, C’est cela le sens de mon Combat !

Q : Tous les ivoiriens savent que vous vous êtes battu depuis 20 années pour nous montrer qu’il y a une solution pour sortir de la misère et de l’oppression, solution que beaucoup de chefs  religieux n’hésitent pas à penser qu’elle vient de Dieu, tant votre combat est exemplaire. Mais, que faire pour qu’elle soit écoutée ?

Que faire pour que la misère ne soit plus considérée comme une fatalité en Afrique ?  

Que faire pour que la solution qui semble si simple se réalise ?

Thierry TAN : Comme vous dîtes, la solution est simple et peut se réaliser immédiatement.

A ce propos, permettez moi de citer le grand savant Albert EINSTEIN (prix Nobel de Physique en 1921) qui disait ceci : « Quand la solution est simple, c’est Dieu qui l’a donnée »  En effet, pour combattre la misère, Dieu nous a donné non seulement toutes les richesses agricoles et minières, mais Dieu nous a également donné la solution, qui est la transformation de nos produits pour pouvoir les valoriser. Alors comprenez bien que si nous écoutons Dieu, nous aurons son aide divine pour accomplir le 2ème Miracle Ivoirien.

Comme Dieu l’a dit dans ESAÏ 45, verset 22 : « Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés. La vérité sort de ma bouche et ma parole ne sera point révoquée »

Il est donc de notre devoir de la réaliser immédiatement, sans tarder.

En revanche, si nous refusons d’écouter Dieu, en refusant sa solution, Alors les calamités vont continuer à s’abattre sur nous. Et, l’histoire de l’humanité nous a montré de multiples exemples….

J’ajoute que, depuis 20 ans, Dieu m’a mis à cœur pour faire comprendre à mes frères Ivoiriens que Dieu a choisi la Côte d’Ivoire pour être le « Japon de l’Afrique », càd pour servir de modèle de développement aux autres pays africains, afin que tous les Africains deviennent tous prospères. Car on ne peut pas être « un îlot de prospérité au milieu d’un océan de misère » Et cela, selon 3 Jean 2   : « Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards, et sois en bonne santé, comme prospère l’état de ton âme »

Il est donc clair que Dieu veut la prospérité pour chacun de vous, car il sait que, sans la prospérité ni la santé, même votre âme ne peut pas prospérer.

C’est pourquoi Dieu vous donne la solution de la transformation de vos produits :

  • Pour vous donner la prospérité,
  • Pour vous donner le 2ème Miracle Ivoirien …

Que Dieu vous bénisse et qu’il bénisse la Côte d’Ivoire, ainsi que toute l’Afrique !

NB:

L'économie africaine est caractérisée par :

  • L’exportation des matières premières africaines ;
  • La faiblesse de la transformation industrielle des ressources naturelles africaines et notamment de l’agro- industrie africaine.

Le refus de l'industrialisation en Afrique fait que :

  • L’économie africaine est encore basée sur l'agriculture, notamment des produits de rente et non des produits vivriers.
  • Les entreprises africaines sont pour la plupart des filiales des multinationales occidentales ;
  • Le développement africain, malgré son taux de croissance raisonnable, ne profite pas à la population africaine.